Voici donc son texte !
Bonne lecture :)
Londres, 1870...
La nuit commence à tomber. Un voile blanc se lève sur la ville. Les passants se font
rares. Il n’y a plus que lui. L’allumeur de réverbère. Il allume des flammes qu’il place
dans les lampadaires qui bordent la rue. Qu’il pleuve ou qu’il vente, ou même qu’il
neige, il est toujours là, à allumer se réverbères.
Il est robuste, trapu, les cheveux grisonnants, une casquette enfoncée sur la tête, la
cinquantaine. Il a eu ce travail il y a vingt ans. Et cela lui convient. De fait, c’est un
Parfois, le soir, quand la lune est haute dans le ciel, il se surprend à contempler les
étoiles d’un air nostalgique. Elles sont sans doute les seules amies qu’il ait.
Et quand il sort son violon, chaque nuit à la même heure, à minuit, elles semblent
presque l’écouter. Il joue toujours le même concerto. Ah ! Il lui rappelle des choses,
ce concerto. C’est le jour de ses huit ans que son premier cours de violon avait eu
lieu.
En ce temps-là, il était heureux.
Puis vers trois heures, il s’adonne à la poésie. Il se sent transporté, il sourit tout seul
dans sa barbe, il n’est plus la même. Il est le jeune adolescent rêveur qu’il était dans
sa jeunesse, d’une grâce juvénile et d’une imagination débordante. Il a commencé à
écrire des poèmes vers l’âge de quatorze ans.
En ce temps-là, il s’imaginait un avenir brillant.
Parfois, vers cinq heures, il aperçoit des étoiles filantes. Il fait exactement le même
vœu à chaque fois. Ces comètes de feu lui rappellent un certain nombre de souhaits
qu’il avait fait, pendant ses dix dernières années. Aucun ne s’est réalisé. Mais il
garde espoir. Dans ses yeux gris, on voit briller une petite flamme, un petit sursaut
de vie, et quelques larmes qui débordent.
Parce que bientôt, il sera forcé d’abandonner son travail. L’administration a déclaré
qu’il était trop vieux. Et aussi que sa maladie était incurable. Le médecin, qui lui a
pris ses derniers sous, a annoncé tristement qu’il ne vivrait pas vingt-quatre heures
de plus.
Alors, pour sa dernière nuit, l’homme pleure.
Il pleure.
Sans trêve.
Sans bruit.
Ses vœux se réalisent. Il avait toujours souhaité mourir la nuit, dans le plus total des
silences, en compagnie de ses étoiles. Sans souffrance. Heureux.
C'est magnifique♥ =)
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